SUOMEN EKUMEENINEN NEUVOSTO

EKUMENISKA RÅDET I FINLAND

FINNISH ECUMENICAL COUNCIL

La route des Balkans vue de la Serbie

Selon les statistiques officielles de l’Agence des Nations Unies pour les réfugiés environ 870 000 (865 723) personnes sont arrivées en Europe à travers la Grèce en 2015. Au cours de l’année 2016 on estime que le chiffre grimpe au moins à 135 000 (132 177) personnes. (BBC 2016a  les données d’UNHCR) Environ 90% des gens qui ont réussi à atteindre les îles grecques ont déclaré fuir un conflit en provenance souvent de la Syrie, de l’Iraq ou de l’Afghanistan. 

 

La plupart des réfugiés et des migrants du Moyen Orient et de l’Asie sont actuellement basés dans les endroits proches de leur pays d’origine et vivent dans l’espoir de pouvoir retourner au pays. Par exemple le Pakistan et l’Iran ont accueilli beaucoup de réfugiés afghans qui ont résidé déjà longtemps dans le pays, mais qui ont fini par quitter les conditions de vie désespérées dans les camps de réfugiés et se diriger vers l’Europe. Ce phénomène s’est poursuivi en plusieurs vagues migratoires. Par exemple, la raison majeure pour laquelle de nombreux citoyens syriens ont pris la décision de quitter la Turquie dernièrement est la pénurie d’opportunités professionnelles et d’éducation pour tout le monde. De même, le système de soins et de santé n’est pas suffisant pour le volume de gens arrivés au pays. En outre il est impossible de déposer une demande d’asile en Europe en se trouvant physiquement en Turquie. (Cf. BBC 2016b)

 

L’accord passé en mars 2016 stipule que pour chaque Syrien retourné de l’Union européenne en Turquie, l’Union européenne recevra un réfugié syrien directement de la Turquie. Il risque quand même d’être difficile de trouver des pays européens favorables à l’accueil de ces gens. En plus, ce processus de renvoi exige le déploiement de gros moyens financiers. En vertu du droit international, chaque demandeur d’asile doit être entendue individuellement, ce qui ralenti la procédure, et en cas de renvoi de la personne, oblige à trouver un pays réunissant les conditions nécessaires à la sécurité et à un niveau de vie satisfaisant, et permettant d’entamer le processus de demande d’asile. (Cf. BBC 2016b)

 

En mars 2016 dans les Balkans, la République de Macédoine a commencé à limiter le nombre des réfugiés et migrants pouvant entrer sur son territoire. Cette décision a été prise après des mesures slovènes, la Slovénie ayant déclaré que seuls ceux souhaitant demander l’asile étaient bienvenus au pays. L’acte macédonienne a déclenché la fermeture de frontières pour les voyageurs sans documentation valide en Serbie (aux frontières avec la République de Macédoine et celle avec la Bulgarie) et en Croatie, et a été une nouvelle bien reçue par exemple en Autriche et en Hongrie. (BBC 2016a)

 

Selon les statistiques officielles les pays de l’Union européenne ont offert asile à environ 300 000 réfugiés (292 540) en 2015. En même temps près d’un million de réfugiés ont déposé une demande d’asile cette année-là. Leurs pays d’origine sont principalement la Syrie, l’Érythrée, l’Iraq, l’Afghanistan et l’Iran. (BBC 2016c) En 2016 on estime que 82% des arrivants viennent de dix pays qui produisent la majorité de réfugiés dans le monde entier, et les nationalités les plus représentées parmi ceux qui arrivent par la mer sont syrienne, afghane, iraquienne, pakistanaise, iranienne, nigérienne, gambienne, guinéenne, côte d’ivoirienne et sénégalaise. Démographiquement ils se divisent en 45% d’hommes, 20% de femmes et 35% d’enfants. (UNHCR 2016)

 

En 2015 les asiles étaient accordés notamment par l’Allemagne (140 910), la Suède (32 215), l’Italie (29 615), la France (20 630), les Pays-Bas (16 450) et la Grande Bretagne (13 905). Selon l’Organisation internationale pour les migrations (OIM) plus d’un million de migrants (1 011 700) sont arrivés en Europe par la mer et approximativement 35 000 (34 900) par la voie terrestre en 2015. Ces chiffres restent quand même modestes en comparaison à la population totale de l’Union européenne, qui compte plus de 500 millions d’habitants. La plupart de migrants entrés illégalement en Europe sont arrivés par les Balkans ; par les Balkans occidentaux ou par la Méditerranée orientale. (BBC 2016c) Selon des chiffres officieux environ 600 000 migrants ont traversé la Serbie en 2015. La Serbie a craint de finir comme zone tampon des réfugiés en cas de fermeture des frontières des pays voisins. La coopération entre les pays des Balkans occidentaux souffre de méfiance politique mutuelle. La fermeture de la frontière du sud avec la République de Macédoine a significativement diminué la quantité des arrivants ces derniers temps en Serbie. (Belgrade Insight 2016)

 

Les expériences des organisations non-gouvernementales en Serbie

L’organisation humanitaire Atina travaille avec les réfugiés en Serbie. L’accent dans leur mission est d’aller à l’encontre de toutes formes de violence, tout particulièrement celles dirigées vers les femmes et les enfants. En outre, Atina lutte contre le trafic d’êtres humains et essaye de venir en aide et de réinsérer dans la société ceux qui en ont été victimes. Fin mars 2016 on estimait qu’environ 2500 personnes avec un statu de migrant ou de réfugié séjournait sur le territoire serbe. Ce chiffre ne prend pas en compte les personnes entrées en Serbie à l’aide de passeurs, de 100 à 200 personnes par jour selon les évaluations du bureau d’Atina. Le chiffre quotidien ne semble peut-être pas bien élevé, mais atteint 6000 personnes par mois.

 

Ces gens-là, du fait de leur entrée illégale sur le territoire, sont invisibles et se contentent souvent de traverser la Serbie sur leur route vers la Hongrie et l’Autriche. Cette contrebande d’êtres humains continue malgré la clôture des frontières et autres situations politiques variables dans les Balkans. Le voyage avec des passeurs est dangereux et met les gens qui le pratiquent dans une situation d’illégalité et d’extrême vulnérabilité, les privant de toute protection des autorités en cas de complication. Selon les statistiques, fin avril on estimait que le nombre de réfugiés descendait en dessous de 1000 personnes en Serbie. Parallèlement, environ 400 personnes ont déposé une demande d’asile courant avril et on en enregistrait quelques douzaines entrées en Serbie de façon illégale ou avec un statut transitoire. (Cf. Refugee Aid Serbia 2016) En Serbie les migrants arrivent de destinations différentes d’Asie, du Moyen Orient et d’Afrique du Nord, de pays tels que l’Iraq, la Syrie, l’Algérie, le Maroc, l’Ethiopie, l’Afghanistan, le Pakistan et l’Érythrée.

 

Depuis sa fondation en 2004, l’organisation Atina se sent notamment concernée par la situation des femmes. La route génère beaucoup de violence parmi les gens en déplacement et les femmes y sont particulièrement exposées. Atina s’efforce de réhabiliter les femmes en les accueillant et leur offrant un environnement sécurisant. Parfois celles-ci fuient déjà des abus domestiques et familiaux, des situations telles que les mariages forcés de mineures. Il leur arrive aussi de subir de la violence sur leur chemin vers l’Europe. La pauvreté, ainsi qu’une vie dans des conditions de guerre ininterrompue, peuvent aussi être une cause de départ. C’est le cas par exemple du peuple afghan, au sein duquel certains n’ont jamais connu de conditions de vie pacifiques depuis l’invasion soviétique en 1979. S’enfuir est une entreprise d’autant périlleuse pour les femmes quand la législation de leur pays peut les mettre sous la tutelle de leur mari. Mission quasi impossible que d’obtenir la documentation nécessaire au voyage sans la permission de mari, ce qui assombrit encore la perspective de passer les frontières. Je fais références à des pays tels que le Pakistan et l’Iran. Les gens peuvent aussi subir des conditions suffocantes voire carcérales au sein même de leur famille, ce qui constitue une motivation supplémentaire de partir vers un nouveau lieu dans l’espoir d’y établir une nouvelle vie.

 

Une quantité considérable de violence conjugale a lieu pendant le voyage vers la destination inconnue, quand les gens sont à bout de nerfs. Les couples peuvent se séparer et les membres d’une famille se perdre et se chercher dans les conditions chaotiques. Le voyage est coûteux et il peut arriver que l’argent vienne à manquer en cours de route. Cela peut exposer les voyageurs par exemple aux dérives de la prostitution, voire ils peuvent même devenir victimes de la pornographie juvénile, et donner aux passeurs conscients de leur détresse une occasion supplémentaire de divers chantages. Les migrants viennent souvent de sociétés très conservatives, ce qui ajoute à la honte qu’ils ressentent en cas de perditions de la sorte. Certains sont allés jusqu’à vendre leurs organes pour financer le voyage jusqu’au bout. Dans les camps où les réfugiés restent, une atmosphère de nervosité et de peur règne. Les gens redoutent tous types de violence, de l’agression verbale au viol. Parfois les employés d’Atina peuvent empêcher des affrontements par leur simple présence physique, et parce qu’ils ont entendu les conversations par hasard. Dans son travail Atina utilise des médiateurs culturels qui parlent les langues requises et aident à créer du lien avec les gens.

 

ADRA, l’organisation humanitaire fondée par l’église chrétienne adventiste, a commencé son travail avec les migrants en Serbie en essayant de pallier les différentes failles qu’elle a pu identifier dans le système de réception, une fois confrontée aux divers besoins de ces derniers. Les employés d’ADRA ont formé des groupes polyvalents qui peuvent assister les migrants sur plusieurs niveaux. Il s’agit d’experts pouvant offrir par exemple de l’assistance légale, du soutien psychologique ou aider à retrouver les membres disparus d’une famille. En outre, les activités principales d’ADRA consistent en l’interprétation, l’accompagnement, par exemple aux centres d’asile, à l’hôpital ou à la mosquée, la réalisation de bilans de santé et la distribution de biens aux nécessiteux.

 

On pense aussi qu’il est important d’offrir aux migrants et aux réfugiés l’opportunité et les lieux nécessaires à la pratique de leur religion. Quelquefois le fait qu’ADRA soit une organisation basée sur la foi peut aider à créer des liens avec les populations migratoires, souvent musulmanes. Par exemple les restrictions alimentaires se ressemblent dans une certaine mesure. ADRA a ouvert un centre informatique qui se situe près de la gare ferroviaire centrale et la station de bus principale à Belgrade où l’on travaille sans arrêt. On considère que les moyens d’atteindre ces migrants s’articulent autour de deux axes; distribuer concrètement des biens et délivrer l’information exacte.

 

Selon certaines statistiques environ 2000 personnes, qui ont réussi à entrer sur le territoire hongrois illégalement, ont été arrêtées au mois de mars 2016. On estime que ceci représente peut-être la moitie de chiffre total des migrants illégaux entrés en Hongrie. Le problème de ces gens est ce qu’ils sont invisibles au regard de la loi locale, en d’autres mots très vulnérables. L’Agence des Nations Unies pour les réfugiés a parfois organisé des patrouilles qui surveillent les frontières entre la Serbie et la République de Macédoine et celle entre la Serbie et la Bulgarie. Leur efficacité se limite à un travail d’observation et de création d’un ensemble des données, car il est difficile et même dangereux de tenter d’approcher les voyageurs accompagnés de leurs passeurs

 

ADRA travaille sur une nouvelle initiative, la création d’un numéro de téléphone local gratuit destiné à renseigner les migrants, en plusieurs langues, sur leur droits et leur statu en Serbie. L’idée, étant donné la difficulté pour les organisations d’approcher les migrants accompagnés de passeurs, souvent criminels, est d’offrir aux exilés un moyen de s’informer et de recevoir du soutien psychologique sur leur chemin. Parallèlement, on réfléchit à des solutions pour faciliter le processus d’intégration des migrants à la société serbe. ADRA explore les moyens de créer des liens sociaux entre les migrants et la population locale, en premier lieu au sud de la Serbie en ville de Preshevo où se trouve un des camps de réfugiés, avec l’aide d’interprètes, d’assistants sociaux et de psychologues. Désormais les efforts d’ADRA se concentrent de plus en plus sur ces questions d’aide à l’intégration en fournissant de l’information aux populations locales et en tentant de mettre ces populations en contact concret avec les migrants.

 

Les réactions des populations locales

En raison de la fermeture des frontières (au sud de la Serbie la frontière macédo-serbe, et au nord les frontières croato-serbe et hongro-serbe) la mobilité de gens ralentit, et il devient plus facile, lorsqu’ils sont stationnaires, de les assister et leur venir en aide ; les aider à rester en Serbie, les informer sur leurs droits et les aider à s’exprimer concernant leurs besoins et plus tard faciliter le processus d’intégration à la société serbe. Selon les organisations humanitaires locales la société serbe pourrait faire plus pour faciliter et accélérer la situation, car l’intégration des gens est un long processus. Les traumatismes de ces populations déplacées refont souvent surface au cours des années qui suivent l’accueil en Serbie, un fait qui nous met face aux défis du long parcours que sont la stabilisation et l’intégration.

 

Les événements récents à Paris et à Bruxelles jettent leur ombre aussi sur les Balkans. Les populations locales redoutent les menaces économiques, de pollution culturelle et d’insécurité que les migrants possiblement incarnent. Ce qui provoque peur dans les Balkans, comme partout en Europe dans ce contexte actuel, est le fait que la majorité des arrivants soient d’origine musulmane. Les manifestations de l’islam radical détectées dans les pays voisins de la Serbie, en Bosnie-Herzégovine, au Kosovo et même en République de Macédoine, renforcent quant à elles les idées xénophobes, même si elles sont d’origine domestique. Viennent s’ajouter le manque d’information des populations balkaniques sur la situation au Moyen Orient et en Asie, ainsi qu’une abondance dans les Balkans de théories de conspiration sur les vraies causes des vagues de migration. Ne négligeons pas toutefois l’espoir que la Serbie gère la situation mieux que d’autres pays, étant donné sa proximité culturelle, tout comme celle des autres pays balkaniques, avec ces peuples migrants beaucoup plus évidente qu’avec, par exemple, les pays d’Europe occidentale.

 

Ces événements liés à la migration nous renvoient également à l’histoire récente régionale, celle de la Yougoslavie. Il y a toujours entre 60 000 et 70 000 personnes intérieurement déplacées en Serbie depuis les guerres qui ont mené à la dissolution de la Yougoslavie dans les années 1990. Le fait que de nouveaux problèmes de migration apparaissent sans que les précédents aient été résolus génère de la confusion. La perspective de la Serbie sur la situation est quand même celle d’un pays de transition, c’est-à-dire un pays que la plupart des réfugiés traversent sans s’y établir. Malgré de nombreuses initiatives humanitaires et diverses expressions de bonne volonté, les attitudes xénophobes déjà mentionnées constituent un défi majeur. Alors même que les populations locales sont peut-être culturellement plus proches des migrants et plus à même de ressentir de l’empathie vis-à-vis des réfugies à cause de leur histoire récente, que ne le sont les populations d’Europe occidentale, il demeure néanmoins un gros travail de sensibilisation à accomplir afin de lutter contre les stéréotypes souvent encouragés par une médiatisation irresponsable.

 

La question des réfugiés et des migrants a aussi provoqué différents types de discussions dans la société. On fait entre autres référence aux événements en Serbie dans les années 1990 et aux aides internationales insuffisantes malgré l’arrivée abondante de réfugiés intérieurement déplacés. Tant bien que mal, le pays a fait face. A savoir que vraisemblablement, l’Union européenne amplifie les problèmes que cette situation lui cause. Ce discours peut aussi renforcer l’identité de victime du peuple serbe au cours du dernier conflit. Certains avis manifestent leur perplexité sur le fait que les réfugiés aient des souhaits spécifiques concernant leur lieu de séjour. Autrement dit cette opinion considère que les réfugiés devraient se contenter de s’échapper à un danger immédiat, sans manifester d’exigences vis-à-vis de leur lieu de vie. Ici on peut aussi déchiffrer un sous-entendu et une comparaison de situations ; les gens des Balkans ne sont pas libres de voyager et s’installer où ils veulent, pourquoi les migrants bénéficieraient-ils de tels privilèges ?

 

D’une certaine manière ces propos ressemblent beaucoup à ceux que nous entendons en Finlande. La différence à mes yeux est qu’en Serbie nous n’avons pas assisté à un réveil significatif de la politique et les idéologies de droite. En Finlande, par exemple, des gens ordinaires sont allés patrouiller dans les rues pour les protéger de nouveaux arrivants, et ont émergé en abondance des discours haineux vis-à-vis des migrants. Les populations balkaniques se montrent toutefois suspicieuses, et parce que les migrants sont souvent musulmans, les gens ont peur, notamment des viols et du terrorisme, et les organisations humanitaires sont confrontées à des discours de haine dans leur travail sur le terrain. Prochainement il serait crucial d’essayer de sensibiliser les locaux à la diversité des origines des migrants dans les Balkans, car les vagues migratoires vont surement s’enchainer quand le temps deviendra plus favorable aux conditions de voyage, et il n’est pas exclue qu’une partie des migrants restent dans les pays balkaniques.

 

Chacun de nous est venu de quelque part

Il est bien évident que les clôtures aux frontières ne représentent pas une solution véritable à ce défi de la migration. Au cœur de problème sont les questions sur les valeurs européennes et les droits de l’homme de chaque individu, qui devraient garantir à tout le monde le droit de demander l’asile lorsque les conditions de vie se détériorent d’une manière fondamentale dans le pays natal. Étant donné l’ampleur du nombre des migrants, les pays européens semblent d’une façon ou d’une autre chercher à gagner un peu de temps pour être plus capables d’agir et de contrôler la situation. Pourtant, le printemps arabe, par exemple, a été étroitement suivi de l’Europe, et la Syrie et la Libye ne sont pas géographiquement éloignées. De toute évidence nous aurions pu prévoir ces vagues migratoires.

 

Les mesures récemment adoptées prennent surtout en compte la situation entre la Grèce et la Turquie, mettant l’accent sur le statu des citoyens syriens. Certes ils sont les plus nombreux, mais cette stratégie ne résout pas la problématique des autres nationalités. Après de longues années de guerre et d’instabilité les réfugiés et les migrants sont désireux de démarrer une nouvelle vie en Europe, plutôt que de rester dans les conditions abominables, par exemple, des camps de réfugiés. Bien souvent ils ont déjà subies, des années durant, ces conditions terribles à l’issue incertaine. Parqués dans une location ou une autre, ils peuvent sombrer dans la dépression et le désespoir quant aux perspectives d’avenir. Une grande majorité des réfugiés demeure quand même toujours dans les camps, très proches des pays en conflit. Nous pouvons constater qu’en général nous n’avons pas suffisamment investi pour accueillir ces gens dans ces camps et devrions en prendre la responsabilité.

 

Il est essentiel que nous arrivions à faire en sorte que ces migrants se sentent les bienvenus pour faciliter le processus d’intégration ; c’est la meilleure arme préventive que nous possédons contre les antagonismes et la radicalisation possible sous toutes ses formes. La population européenne partage avec ces gens un passé de migrations, nous sommes tous venus de quelque part. Là c’est le moment de se montrer concerné, compatissant, solidaire et capable d’empathie. C’est notre devoir inhérent à notre position de force, nous sommes invités de nous occuper des plus faibles. En plus nous partageons beaucoup avec ces gens culturellement, car nos racines communes nous ramènent tous au berceau culturel du Moyen Orient. Quelques fois ces racines nous semblent historiquement lointaines, mais elles sont là, si nous avons envie de les apercevoir. En observant de près la façon dont on se débrouille en ce moment en Serbie avec ces questions, on ne peut que se demander d’où viennent ces réactions extrêmes, même hystériques, dans les pays européens occidentaux où les migrants affluent en nettement plus faible quantité et où les économies locales sont beaucoup plus stables. Nous allons nous en sortir, il le faut, nous sommes les mieux placés sur cette planète et détenons tous les moyens possibles pour le faire. L’occasion nous est offerte de démontrer concrètement quelles sont les valeurs européennes et ce qu’elles représentent.

 

Nora Repo

Colloque : « La mobilité en Méditerranée: les sociétés euro-méditerranéennes à l'épreuve des migrations », Aix-En-Provence, France, 12.–13.5.2016

 

Références:

ADRA, The Adventist Development and Relief Agency, Serbia. (accédé le 14 avril 2016).

Atina, Citizens Association for Combating Trafficking in Human Beings and All Forms of Gender-Based Violence. (accédé le 1 avril 2016).

BBC (2016a) : Migrant crises : Macedonia shuts Balkans route, 9.3.2016, BBC News Services. , (accédé le 10 avril 2016).

BBC (2016b) : Europe’s migrant crisis : Tricky business to resolve, 8.3.2016, BBC News Services. , (accédé le 10 avril 2016).

BBC (2016c) : Migrant crises : Migration to Europe explained in seven charts, 4.3.2016, BBC News Services. , (accédé le 14 avril 2016).

Belgrade Insight (2016) : Balkans brace for migrant crisis shifts, Belgrade Insight, Issue No. 201, Friday, March 04 –Thusrday, March 17, 2016,  pp. 2–3.

Refugee Aid Serbia (2016) : Balkan Route Update 20.4.2016, reçu à travers le mailing-list de Refugee Aid Serbia.

UNHCR (2016) : Refugees/Migrants Emergency Response –Mediterranean. , (accédé le 22 avril 2016).



Suomen Ekumeeninen Neuvosto / Ekumeniska Rådet i Finland       Eteläranta 8 / Södra kajen 8            PL / PB 210          00131 Helsinki / Helsingfors


Lahjoita Suomen Ekumeenisella Neuvostolla on Poliisihallituksen myöntämä rahankeräyslupa. Keräysnumero on RA/2021/1503 ja keräys on käynnissä koko Suomessa Ahvenanmaata lukuunottamatta.
Donera  Ekumeniska Rådet i Finland ordnar en penninginsamling med tillstånd från Polisstyrelsen. Insamlingsnumret är RA/2021/1503. Insamlingen pågår  i hela Finland förutom på Åland.